« Avec mon manager, tout va bien. Avec les autres services aussi. Mais avec l'équipe, c’est compliqué... Ils se connaissent tous depuis longtemps. Ils ont leurs habitudes, leurs blagues, leur façon de travailler. J'ai toujours l'impression d'être à côté », me confie Jim, un Américain récemment arrivé en France, lors de notre première séance de coaching.
À mesure qu'il décrit son quotidien, une conviction semble s'être installée : l'équipe ne veut pas de lui. Pourtant, une multitude de situations, mises bout à bout, alimentent cette impression sans jamais vraiment la confirmer...
L’interprétation, parfois faussée, de nos comportements
Au fil des séances, j'invite Jim à me décrire ce qu'il fait dans plusieurs cas concrets. En réunion par exemple, il attend d'avoir une idée parfaitement construite pour prendre la parole. « Je ne veux pas dire quelque chose d'inutile ». Il hésite à rejoindre les conversations informelles. « Je n'ai pas envie d'interrompre ». Il préfère attendre que les autres viennent vers lui. « Je ne veux pas m'imposer ». À ses yeux, ses comportements traduisent de la prudence, du respect et du professionnalisme.
Je lui demande alors : « Si tes collègues ne connaissent pas tes intentions, que voient-ils simplement de l'extérieur ? » Après un silence, il répond : « Peut-être quelqu'un qui préfère rester à distance... ». Nous passons beaucoup de temps à interpréter les comportements des autres, mais nous oublions souvent que les autres interprètent aussi les nôtres. L'intention ne suffit pas toujours, car seuls nos comportements sont visibles.
Comprendre ce qui pilote nos réactions
En revenant sur différentes situations, Jim identifie progressivement ce qui guide sa prudence. Derrière son retrait se cache une peur bien connue : celle de déranger, de ne pas être légitime ou de donner une mauvaise image de lui-même.
Je l’interroge : « De quoi cherches-tu à te protéger lorsque tu restes en retrait ? » Il réfléchit un instant. « J'ai peur de dire une bêtise, de ne pas être à la hauteur... » Nous explorons ensemble ce que cette prudence lui apporte. Elle le rassure. Elle lui donne le sentiment de limiter les risques. Elle lui évite l'inconfort du regard des autres. Puis une autre question émerge : « Et qu'est-ce que cette prudence t'empêche de vivre aujourd'hui ? » Cette fois, le silence est plus long. « Elle m'empêche de créer du lien, d'être naturel... Finalement, elle m'empêche de prendre ma place ».
Ce moment marque un véritable tournant. Jim comprend que sa prudence n'est pas le problème. Elle a même été utile à certains moments de sa vie. Mais dans cette nouvelle équipe, elle produit exactement l'inverse de ce qu'il recherche. En voulant éviter le rejet, il entretient malgré lui une distance avec les autres.
Tester de nouvelles façons d'entrer en relation
À partir de cette prise de conscience, nous ne cherchons pas une solution idéale. Nous réfléchissons plutôt ensemble à quelques micro-actions suffisamment simples pour être mises en œuvre rapidement :
- intervenir plus tôt en réunion, sans attendre que son idée soit parfaite ;
- rejoindre une conversation quelques minutes avant une réunion ;
- proposer un café à un collègue ;
- s'installer au milieu de la table plutôt qu'à son extrémité.
Quelques semaines plus tard, il revient en séance de coaching avec le sourire. « Finalement, ils sont venus vers moi... Mais je crois surtout que je leur ai enfin laissé une place pour le faire ». Cette phrase résume à elle seule le chemin parcouru. L'équipe n'a pas changé. En revanche, Jim a changé la manière dont il entrait en relation avec elle.
Que vous soyez expatrié ou jeune recrue, trouver sa place dans une nouvelle équipe passe par une meilleure compréhension de ce qui guide, au fond, vos comportements.
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Et vous ? Vous est-il déjà arrivé de découvrir que les autres interprétaient vos comportements différemment de ce que vous le souhaitiez ? Explorer ce décalage est parfois le premier pas vers un changement durable. Discutons-en ensemble !




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