Un peu d’histoire pour commencer : les drivers ont été définis dans les années 1970 par Taibi Kahler, psychologue américain et collaborateur d’Eric Berne, le fondateur de l’Analyse Transactionnelle. Kahler observe alors des centaines de personnes en situation de stress et identifie des réactions répétitives, presque réflexes. Il les nomme « drivers » : des injonctions intériorisées dans l’enfance, destinées à obtenir reconnaissance, affection ou sécurité.

Que ce soit dans notre vie professionnelle ou personnelle, ces injonctions internes orientent nos comportements de manière automatique. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi, mais lorsqu’elles deviennent rigides, elles peuvent générer stress, sur-adaptation ou épuisement. Les identifier permet de mieux comprendre ce qui nous pousse à agir… parfois contre nous‑mêmes.

Des outils puissants pour comprendre nos comportements

1. « Sois parfait »

Ce driver pousse à viser l’excellence, à éviter l’erreur, à tout anticiper. Les personnes sont fiables et rigoureuses, mais peuvent s’épuiser à vouloir tout maîtriser ou bien retarder des décisions par peur de l’imperfection.

Force : précision

Risque : perfectionnisme paralysant

2. « Sois fort »

L’injonction ici est de ne pas montrer ses émotions, de tenir bon, de ne pas demander d’aide. Ces personnes sont perçues comme solides, mais peuvent s’isoler et accumuler la pression.

Force : résilience

Risque : surcharge émotionnelle silencieuse

3. « Fais plaisir »

Le driver de celles et ceux qui veulent maintenir l’harmonie et éviter les conflits. Ils ou elles disent oui rapidement, anticipent les besoins des autres, mais peinent à poser des limites.

Force : empathie

Risque : sur-adaptation, oubli de soi

4. « Dépêche‑toi »

Ce driver pousse à aller vite, à optimiser chaque minute. Ces personnes sont efficaces et dynamiques, mais peuvent créer de l’urgence inutile et vivre dans une tension permanente.

Force : rapidité

Risque : stress chronique

5. « Fais des efforts »

Ici, tout doit être difficile pour avoir de la valeur. Ces personnes persévèrent, mais peuvent compliquer les choses ou ne jamais savourer leurs réussites.

Force : persévérance

Risque : fatigue, insatisfaction

Plusieurs drivers coexistent en nous

Nous avons souvent plusieurs drivers, un peu comme des petites voix intérieures qui coexistent. Mais ils ne s’activent pas tous avec la même intensité :

  • Selon le contexte, certains prennent le dessus : au travail, le « Sois parfait » peut s’activer ; en famille, c’est peut‑être « Fais plaisir ».
  • Selon les périodes de vie : en surcharge d’activité, « Fais vite » peut dominer ; en transition, « Sois fort » peut s’imposer.
  • Selon les relations, un driver peut se réveiller plus facilement : face à une figure d’autorité, « Fais des efforts » peut surgir ; face à un proche, « Fais plaisir » reprend le dessus ; face à un client exigeant, c’est parfois « Sois parfait » qui s’active.

Connaître nos drivers internes pour mieux s’ajuster

Parce qu’ils agissent comme des filtres, identifier nos propres drivers permet de repérer nos automatismes, de comprendre nos zones de tension et de retrouver de la liberté intérieure. C’est un outil essentiel pour mieux se connaître… et mieux s’ajuster.

Ces drivers sont précieux autant dans la vie professionnelle que personnelle : poser des limites, choisir ses priorités, ajuster sa communication... Il ne s’agit pas de s’en libérer totalement, mais plutôt d’apprendre à vivre avec, à les assouplir, à les remettre à leur juste place. D’ailleurs, ils ne sont pas uniquement des freins. Faire vite, persévérer, vouloir bien faire… ce sont aussi des forces lorsqu’on les utilise avec discernement.

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Et vous, souhaitez‑vous identifier vos drivers et comprendre comment ils façonnent vos réactions au quotidien ? C’est l’occasion d’échanger ensemble sur le sujet et de faire le test !