« Je ne me reconnais plus dans ce que je fais », me dit Halima avec un grand soupir lorsque je la rencontre pour son programme de coaching. Nous parlons une heure. Une heure pour enlever les couches de “ce qu’il faut faire”, de “ce que les autres attendent”, de “ce qui fait bien sur un CV”. Nous évoquons ce qui l’a attirée dans le conseil — la résolution de problèmes, la coordination, l’analyse — et ce qui l’en éloigne aujourd’hui : la distance avec le terrain, l’impression de ne rien changer vraiment.

Et puis, soudain, son visage change. Elle inspire profondément et lâche ce qu’elle n’avait jamais osé dire à personne : « Tu sais, ce que j’aimerais vraiment c’est travailler dans l’humanitaire. Être utile ». Elle se tait aussitôt, comme si elle venait de révéler un secret longtemps gardé. Je lui demande simplement : « Et dans l’humanitaire, qu’est‑ce qui t’attire exactement ? ». Elle réfléchit. « La gestion de projets, la coordination, le lien avec les équipes sur le terrain. Je ne veux pas forcément partir au bout du monde. Mais je veux contribuer à quelque chose qui compte.»

Identifier et initier des contacts réseaux

 Alors je lui pose la question clé : « Qui connais‑tu, même de loin, qui travaille dans ce secteur ?». Elle hésite. Puis les noms arrivent : une ancienne camarade de classe partie chez Médecins du Monde, un cousin qui a fait un service civique dans une ONG, une collègue qui a un ami travaillant dans une fondation, le fils de sa voisine qui a fait un master en action humanitaire. Et c’est exactement ça, le réseau : pas une liste de contacts prestigieux, mais des points d’entrée, des portes entrouvertes, des discussions possibles.

Nous identifions ses relations. Nous travaillons les messages de prises de contact, le déroulement d’un entretien réseau, les questions à poser, le pitch pour présenter son projet… Quatre noms. Quatre conversations potentielles pour comprendre les métiers, les formations, les besoins...

Adopter une posture nouvelle d’ouverture

Quelques jours plus tard, Halima m’écrit : « J’ai eu un échange avec mon ancienne camarade. Elle m’a parlé de sa responsable et nous a mis en relation. Je la rencontre la semaine prochaine. Je n’en reviens pas ! ». Elle avance désormais avec une clarté nouvelle. Elle n’a pas encore changé de métier, mais elle a changé de posture : elle explore, questionne, se renseigne et ose. Elle n’attend plus que les choses se passent. Elle les provoque.

De mon côté, je suis admirative de son énergie, de son courage et de la manière dont elle s’approprie désormais son projet. Parce qu’au fond, le coaching ne crée pas la motivation : il révèle ce qui était déjà là, prêt à émerger.

Et vous, traversez‑vous une période de doute ou d’impasse professionnelle ? Ressentez‑vous le besoin de donner du sens à ce que vous faites ? C’est peut‑être le bon moment d’en parler ensemble et d’explorer ce qui pourrait s’ouvrir à vous.